Le Programme d’éducation pour la paix de la Fondation Prem Rawat (TPRF) est déployé dans des établissements pénitentiaires du monde entier, s’inscrivant dans le cadre d’initiatives élargies de soutien psychosocial et de réinsertion. Fin 2025, plus de 200 000 personnes dans le secteur carcéral, personnels et détenus.es réunis.es, avaient suivi ce programme. Certains participants.es rapportent une large palette de bénéfices.
La question qui se pose pour la plupart des acteurs du secteur est celle-ci : le Programme d’éducation pour la paix favorise-t-il la réinsertion des détenus après leur libération ? Au Brésil, une agence gouvernementale fait état d’un taux de récidive plus faible chez les personnes qui l’ont suivi, ce qui signifie qu’ils étaient moins nombreux à être retournés en prison après leur sortie.
Cet organisme brésilien, le Système gouvernemental des méthodes de détermination des peines et d’adaptation sociale des personnes en réinsertion (le SEMEAR), a mis en œuvre le Programme d’éducation pour la paix parmi des centaines d’autres initiatives psychosociales dans 159 établissements pénitentiaires. Résultat : sur les 2.291 détenus qui ont participé au Programme d’éducation pour la paix, 2.010 (87,7 %) n’ont pas récidivé après leur libération. Ce taux dépasse largement la moyenne nationale brésilienne qui s’élève à 57,5 %.
Vous pouvez télécharger un PDF de la lettre du SEMEAR ici, ou la lire ci-dessous :

Chers membres de la Fondation Prem Rawat,
Le Système gouvernemental des méthodes de détermination des peines et d’adaptation sociale des personnes en réinsertion (SEMEAR) a vu le jour en 2014, fruit d’un partenariat entre l’Inspection générale de la Cour de Justice de l’État de São Paulo, conformément au dispositif CGJ n° 30/2014, le Secrétariat de l’Administration pénitentiaire et de l’Institut Ação pela Paz (Action pour la paix).
Il a pour objet de contribuer à la réhabilitation des personnes incarcérées, des anciens détenus et de leurs familles. Inspiré des méthodologies de l’Association brésilienne pour la protection et l’assistance aux détenus (APAC) et des centres de réinsertion de l’État de São Paulo, le SEMEAR mise sur la mobilisation de la société civile, les activités bénévoles ainsi que l’implication des détenus dans l’accomplissement de leur peine.
Emploi, éducation, santé, assistance juridique et psychosociale, le SEMEAR déploie ses actions dans le respect de la loi brésilienne sur l’exécution des peines (Loi n° 7.210/1984). Il offre en outre, un accompagnement psychologique aux détenus et des formations destinées au personnel pénitentiaire.
Son modèle de gouvernance associe les directions d’établissements pénitentiaires, les magistrats locaux et la société civile. Un mécanisme essentiel de coopération est constitué par les conseils communautaires du Tribunal d’application des peines (CCVEC) où les établissements exposent leurs besoins au CCVEC et au juge de district. En fonction de la coordination entre les différents acteurs, la réponse mobilise des municipalités, services publics, institutions judiciaires, universités, entreprises privées, bénévoles et associations locales.
Pour évaluer l’impact de cette démarche, cinq études sur la récidive pénale ont été réalisées. Sur 10 627 participants évalués, 84,49 % (soit 8 979 individus) n’avaient pas récidivé ni réintégré le système carcéral pour une nouvelle infraction en avril 2024. Ce résultat dépasse largement la moyenne nationale qui s’établit à 57,5 %, selon la dernière enquête menée par le Conseil national de justice (CNJ) en 2020.
Entre 2014 et juillet 2024, le SEMEAR a reçu 7.245 475,19 réals brésiliens, soit environ 1,2 million d’euros, de fonds privés destinés exclusivement aux projets. Ces ressources ont permis de soutenir 775 initiatives dans 159 unités pénitentiaires, ce qui représente 87 % du système pénitentiaire de l’État de São Paulo. Au total, 30.188 personnes incarcérées et 5.697 anciens détenus ont bénéficié de ces actions.
Les projets psychosociaux ont enregistré un taux moyen de non-récidive de 87 %. Un taux très légèrement inférieur à celui obtenu chez les 2.291 détenus ayant suivi le Programme d’éducation pour la paix, fondé sur l’approche de la Fondation Prem Rawat (TPRF), où 2.010 d’entre eux (87,7 %) n’ont pas commis de nouvelle infraction après leur libération.
« Il y a deux côtés en nous – 50 % de bon, 50 % de mauvais – et ils sont en conflit permanent pour avoir le dessus. Celui que nous nourrissons le plus finira par l’emporter. C’est donc vraiment important de profiter de toutes les activités proposées ici », rapporte un participant dans une étude menée en juin 2021 sur 5 101 personnes ayant suivi ces ateliers entre 2019 et 2022.
Parmi eux, 2.274 étaient toujours incarcérés, et 528 n’ont pas pu être évalués en raison d’incohérences dans leurs antécédents.
Toutes les activités liées au Programme d’éducation pour la paix sont supervisées par Ivete Belfort, qui est directement responsable de la mise en place de la méthodologie au Brésil et atteste, au nom de TPRF, de l’exactitude des données rapportées.
Pour les années à venir, le SEMEAR a défini un ensemble d’objectifs stratégiques visant à renforcer et à étendre son impact :
1. Organiser des réunions mensuelles avec les principaux acteurs du programme ;
2. Accroître la mise en œuvre du projet dans l’ensemble des coordinations régionales du système pénitentiaire de São Paulo ;
3. Intégrer la question de la dépendance aux drogues, abordée sous différents angles et dans divers contextes ;
4. Améliorer la mesure et l’analyse des données relatives à la récidive, y compris le recueil de données sur les différents types de soutien offerts aux personnes incarcérées et aux anciens détenus ;
5. Développer et renforcer les Conseils communautaires du Tribunal de l’application des peines (CCVEC) ;
6. Renforcer la communication institutionnelle entre le SEMEAR, le Secrétariat de l’Administration pénitentiaire, la Cour de justice et la société civile ;
7. Intégrer les contenus du SEMEAR dans les programmes de formation de l’École de la magistrature de São Paulo ;
8. Examiner les partenariats existants et identifier de nouveaux acteurs stratégiques en vue de la signature d’accords de coopération et d’avenants.
La Cour de Justice de São Paulo, le Secrétariat d’État à l’administration pénitentiaire et l’Institut Ação pela Paz (Action pour la paix) continuent de suivre les données concernant ces projets et demeurent pleinement disponibles pour présenter les résultats et explorer de nouvelles possibilités de collaboration.
Cordialement,
Solange Rosalem Senese,
Directrice générale et cofondatrice
Institut Ação Pela Paz
Organisation officielle membre de la démarche du SEMEAR






