Billa Nanra : la belle histoire du Programme d’éducation pour la paix

Le 2 juin prochain, Billa Nanra animera le webinaire “Expanding Hope” (L’espoir pour tous) sur le Programme d’éducation pour la paix et ce que cela lui a apporté. Ce sera aussi l’occasion de visionner la vidéo de la venue de Prem Rawat – éducateur pour la paix de renommée mondiale – à la prison de Leeds où Billa l’a rencontré pour la première fois avec des participants au programme. Pour en savoir plus et s’inscrire à ce webinaire gratuit, cliquer ici.

 

Que la vie est belle quand on a “terrassé le dragon” !

En l’espace de quelques années, la vie de Billa Nanra a changé du tout au tout. Cet ancien héroïnomane, devenu trafiquant et finalement incarcéré, est aujourd’hui un acteur engagé pour la paix. Il attribue sa métamorphose au fait d’avoir suivi le Programme d’éducation pour la paix de la Fondation Prem Rawat. Ce programme l’a non seulement transformé, mais il lui a permis de réorienter sa perception de la vie et lui a donné la force de se débarrasser d’une dépendance de vingt-deux ans à l’héroïne. Ce qu’il appelle “terrasser le dragon”.

Aujourd’hui, Billa co-anime le programme en prison et au-dehors. Son engagement altruiste lui a valu le Mérite du bénévole de l’année 2023 du réseau New Leaf qui accompagne les ex-détenus à leur sortie de prison. Ce que lui ont apporté ces ateliers interactifs, ajouté à son enthousiasme, a maintenant des répercussions bien au-delà du Royaume-Uni. Invité à relater son expérience au 6e congrès mondial de probation et libération conditionnelle, qui s’est tenu début avril à La Haye aux Pays-Bas, son intervention a fait connaître encore plus largement le Programme d’éducation pour la paix.

Il n’aurait jamais pu imaginer une chose pareille il y a quatre ans.

Né à Bradford en Angleterre, Billa Nanra s’est retrouvé « dans l’univers très, très noir d’une prison », après être passé de toxicomane à trafiquant de drogue.

 

La lumière dans les ténèbres

Et puis un jour, alors qu’il attendait son traitement par la méthadone, il est tombé sur une affiche sur le Programme d’éducation pour la paix.

« J’ai vu l’affiche, et les mots “paix, dignité, force intérieure” ont attiré mon attention. J’ai pensé : “J’en voudrais bien un peu”. »

Pour Billa, c’est clair : ce programme a changé sa vie, « je ne savais plus ce qu’était vivre. »

Sa participation au programme a entraîné un bouleversement tellement profond chez lui qu’il a pu réduire sa dose de méthadone en moins de trois mois.

« J’ai passé des années à essayer de combler ce vide en moi et maintenant je le remplis avec du positif, quelque chose de vraiment beau. »

Désormais, il est là pour ceux qui aspirent à une vie meilleure en dehors de la prison.

Découvrir le documentaire ci-dessous où Billa Nanra parle de son expérience de toxicomane, son incarcération et sa rencontre avec le Programme d’éducation pour la paix.

 

La vie après

La vie en prison est affreuse, dit Billa, mais à l’extérieur, dans la société, ce n’est pas du gâteau non plus. Il avoue que trouver du travail avec son casier judiciaire a été difficile : « La plupart des gens se méfient des anciens détenus. L’aide n’est pas non plus au rendez-vous et les gens vous laissent tomber ».

En prison, ils sont nombreux à avoir la même crainte. Les détenus se demandent comment ils feront pour vivre “dehors” et comment leur famille ou leurs amis vont les traiter. Ils se demandent surtout quels moyens financiers ils auront en attendant de trouver du travail. Sans soutien, il peut être tentant de retomber dans ce qui les a menés en prison.

Une étude du Journal of Developmental and Life-Course Criminology (criminologie du développement et au cours de la vie) met en exergue “l’importance fondamentale d’un soutien social dans le processus de désistance[1]”. Autrement dit, la société doit fournir un appui en continu aux ex-délinquants pour les aider à ne pas récidiver.

[1] Désistance : le processus pour sortir de la délinquance.

 

Explorer le PEAK

À sa libération, Billa Nanra a eu du mal à se réadapter. Il explique que ses craintes étaient fondées car il n’arrivait pas à trouver du travail ni à regagner la confiance de sa famille ou des gens de son entourage.

Des débuts difficiles.

Son bonheur et sa stabilité actuels, il les attribue au Programme d’éducation pour la paix, car il avait trouvé ces fondements alors qu’il était encore incarcéré. L’effet de ces ateliers sur son bien-être émotionnel et psychique lui a donné envie de retrouver ce programme après sa sortie. Il était resté en lien avec les animateurs bénévoles et a écouté son intuition qui lui disait que celui-ci ne se cantonnait sans doute pas aux établissements pénitentiaires. Il avait raison.

Il a suivi ensuite la formation du PEAK de Prem Rawat qui l‘a amené à approfondir sa compréhension. Il y a notamment appris des moyens pratiques à utiliser quotidiennement pour l’aider à se sentir ancré dans la vie malgré les défis qu’elle comporte.

 

Revenir à soi-même

Depuis qu’il accompagne l’enfant autiste d’un animateur du programme, Nanra se sent plus sûr de lui par rapport à ce qu’il sait faire et qui il peut épauler. Et surtout, avec ce travail, il a pu regagner la confiance de ses proches.

Le mérite en revient, dit-il, à une nouvelle perspective qu’il a sur lui et sur les autres. Suivre le programme l’avait aussi amené à réfléchir sur lui-même, sur sa situation, et lui avait donné le goût d’aider les gens. Et c’est tout naturellement qu’il s’est dit que d’autres détenus pourraient eux aussi en tirer parti.

C’est ainsi que Billa est retourné en prison, mais cette fois-ci comme bénévole.

Trois fois par semaine, il se rend à la prison de Sa Majesté de Leeds pour y animer le Programme d’éducation pour la paix. Même s’il le fait avec plaisir, il est bien content à chaque fois de se retrouver hors les murs et de respirer “l’air plus doux du dehors”.

Si les détenus ne jouissent pas encore de la liberté, ils bénéficient néanmoins de sa démarche empreinte de compassion.

« Je ne les juge pas, ajoute-t-il, et je leur dis qu’ils me donnent autant la pêche que je leur en donne. »

Il partage toutefois une observation : « Il y a ces gros durs qui affirment que la paix, c’est franchement pas leur truc, mais qui sont les premiers à en parler autour d’eux au bout de cinq séances ».

 

Un programme en marche

Ce n’est pas surprenant qu’un ex-détenu soit un tel exemple pour ceux qui souhaitent changer de vie. Les participants sont à l’aise pour lui parler, même s’il reste toujours dans son rôle d’animateur, précise-t-il.

Les inscriptions au programme ont effectivement connu une augmentation incroyable depuis l’époque où Billa l’avait suivi et où il n’était proposé que dans une seule aile du centre de détention. Il est maintenant offert dans six d’entre elles.

Les témoignages des participants parlent d’eux-mêmes.

Quelques commentaires de détenus de l’aile Bravo de la prison de Leeds :

« J’ai appris des choses qui vont m’aider à l’avenir. J’ai réalisé que ce que nous avons dans notre vie est un cadeau, et cela m’a amené à réfléchir avec plus de sagesse et à mieux comprendre comment je vais utiliser mon temps. »

« Je propose la candidature de Billa pour le prix Butler Trust (qui récompense un travail exceptionnel effectué en prison ou dans les quartiers), car il m’a vraiment beaucoup apporté avec ce Programme d’éducation pour la paix et a grandement contribué à ma santé mentale. Continuez votre excellent travail et merci beaucoup – c’est trop bien. »

« Ça m’a fait beaucoup de bien. Ça m’a aidé à laisser tomber mes ruminations violentes. Avec des pensées plus positives, j’arrive à prendre du recul avant de réagir. »

« Je participe au Programme d’éducation pour la paix mis en place par Billa depuis un certain temps déjà. J’attends avec impatience les séances du lundi après-midi car elles m’aident à faire le tri dans ma tête. »

 

Un impact international

De plus en plus de détenus dans le monde vivent une expérience similaire.

Une évaluation d’impact menée dans des établissements pénitentiaires de sept pays répartis sur quatre continents a révélé que les ateliers avaient “un effet très positif sur les participants”. Les résultats ont montré des améliorations au niveau des attitudes, avec le sentiment de se sentir plus fort intérieurement et de comprendre qu’il est toujours temps de changer, ainsi que des améliorations au niveau du comportement, avec notamment une meilleure gestion de la colère et une réduction de la violence.

L’entrée principale de la prison de Sa Majesté à Leeds, en Angleterre. Le vieux bâtiment en pierre ressemble à un château.

Prison de Sa Majesté à Leeds, Royaume-Uni.

Trouver la paix en prison

« Ce qui compte, c’est d’être dans l’instant – aujourd’hui. Car c’est là que vous êtes vivant et que vous pouvez décider comment vivre votre vie. Même en prison. » – Billa Nanra

“Être dans l’instant présent” est devenu un mantra pour Billa, et des phrases comme celle-ci, distillées au long du Programme d’éducation pour la paix, lui ont donné envie de porter son attention sur ce qui est positif. Certes, les murs d’une prison vous ôtent physiquement la liberté, mais pas celle de l’esprit.

Lors d’une rencontre inédite à la prison de Leeds, Billa Nanra a eu l’occasion de s’exprimer et de partager la scène avec l’une des personnes qui a le plus contribué à son changement.

Le 26 juillet 2023, Prem Rawat, dont les conférences sont au cœur du Programme d’éducation à la paix, s’est adressé à un public composé de membres du personnel pénitentiaire et de détenus, avec un message simple – la paix peut être vécue à tout moment et en tout lieu. L’invitation venait des surveillants et des participants au programme, désireux de le rencontrer.

 

Merci Prem Rawat

Ils étaient nombreux à vouloir remercier Prem Rawat et les animateurs du programme. L’un d’eux a déclaré :

« Depuis que j’ai commencé les ateliers de la paix, je regarde le monde d’une manière différente. J’ai toujours considéré que ma vie était à moitié vide. Je la vois maintenant à moitié pleine depuis que j’ai suivi ce programme. Je voudrais donc vous remercier vous, Prem Rawat, ainsi que les bénévoles ».

À ce jour, 750 détenus ont suivi le Programme d’éducation pour la paix à la prison de Leeds où il est proposé depuis sept ans, ce qui a permis de collecter un grand nombre de données sur son efficacité. Le directeur adjoint de la prison, Mark Scott, a exprimé tout le bien qu’il en pense, et les surveillants pénitentiaires ont noté que le programme se traduit non seulement par des améliorations chez les détenus eux-mêmes, mais aussi pour la ville de Leeds dans son ensemble.

Lors de cette rencontre, Billa, qui avait soigneusement préparé son discours, a soudain eu le trac. Il s’est tourné vers l’un des organisateurs pour lui demander conseil et celui-ci lui a juste dit : “Parle avec ton cœur”. Ce qu’il a fait, et sans surprise, le public s’est rallié à ses paroles sincères et sans prétention sur le chemin qu’il a parcouru vers la paix et la connaissance de soi.

Billa a tout particulièrement aimé formuler les questions des participants à Prem Rawat. Parmi elles, celle-ci : “Comment sait-on qu’on a trouvé la paix ?”

Prem Rawat a répondu :

« La paix, c’est trouver son chez-soi. La paix, c’est rentrer chez soi. La paix, c’est se trouver soi. La paix, c’est trouver cette petite lumière qui s’allume sur le rivage. Et rien qu’en la regardant, vous savez qu’il n’y a plus rien à craindre. Et parfois, vous êtes en pleine tempête, mais dès que vous voyez cette lumière, vous savez que tout ira bien. »

 

Une portée mondiale

Billa a présenté le Programme d’éducation pour la paix en personne comme en ligne. À la suite d’un atelier organisé pour l’Alberta Correctional Education Association, une organisation canadienne d’enseignants pénitentiaires, 11 de ses membres, professeurs et encadrants, se sont inscrits pour le suivre.

Tout récemment, il a été interviewé sur scène lors du 6e Congrès mondial sur la probation et la libération conditionnelle à La Haye, aux Pays-Bas. L’interview a attiré un grand nombre de personnes et suscité l’intérêt des responsables de probation et de libération conditionnelle de plusieurs pays pour le Programme d’éducation pour la paix.

Billa racontera son cheminement lors du webinaire “L’espoir pour tous” du dimanche 2 juin, où sera également montrée la vidéo de l’événement avec Prem Rawat à la prison de Leeds. Pour en savoir plus et vous inscrire à ce webinaire gratuit, cliquer ici.

 

Billa Nanra porte un tee-shirt noir avec une citation de Prem Rawat : “What you practice you get good at” (Ce qu’on pratique, on finit par bien le faire).

L’avenir est lumineux

« Je veux juste être heureux », déclare Billa Nanra, qui n’a pas consommé d’héroïne depuis six ans.

Une partie de ce bonheur vient du fait qu’il anime le Programme d’éducation pour la paix pour prêter main-forte à ceux qui veulent en aider d’autres à surmonter la toxicomanie et autres défis auxquels il a été confronté. La série de podcasts où il partage son histoire intéresse des personnes dans le monde entier, en recherche de conseils et d’espoir. L’honnêteté et l’humilité dont il fait preuve lorsqu’il évoque son parcours touchent ceux qui, métaphoriquement, sont passés par là, mais en vérité, ses podcasts donnent matière à réflexion à tout un chacun.

Écouter ici la série de podcasts “Comment j’ai terrassé le dragon : Billa Nanra”.

Billa compte bien poursuivre cette série et il prévoit d’interviewer d’anciens détenus qui ont participé au Programme d’éducation pour la paix durant leur incarcération. Il envisage également une deuxième saison “Slaying the Dragon – Part 2” (Terrasser le dragon – 2e partie) où il fera le point sur son parcours – avec les difficultés, les réussites et tout ce qui se trouve entre les deux.

 

Billa Nanra gives the peace sign with his hands while showing the back of his T-shirt which has the word

Billa se signe pour la paix

LE COIN DES POTINS

  • Son grand-père l’a surnommé “Billa”, ce qui équivaut à “matou” en hindi et punjabi.
  • Il est fiancé et va bientôt se marier.
  • La musique qui lui donne la pêche : le disco des années 80 (en particulier les tubes de Sylvester) et la musique en live.
  • Il soutient le club de football Manchester United.
  • Billa parle hindi, punjabi et anglais.
  • Il utilise “namaskar”, qui a un sens plus profond que “namaste”, pour dire bonjour.

 

Pour en savoir plus sur le Programme d’éducation pour la paix, cliquer ici.

 

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